À Paris, le dernier épisode de pollution aux particules fines a démarré le 30 novembre. Ce pic est dû à une accumulation de la pollution dans les zones urbaines qui plaque les polluants au sol, limitant leur dispersion. Un vent faible provoque une concentration des particules fines émises par le trafic routier, les installations industrielles mais aussi le chauffage, en particulier au bois. Résultat : entre le 30 novembre et le 7 décembre, les urgences pédiatriques de Paris ont relevé une augmentation de 35 % des consultations (épisodes violents de crises d’asthme et de bronchiolites) par rapport à la même période l’année dernière.

La préfecture a attendu le 6 décembre pour mettre en place des mesures d’urgence telles que la circulation alternée et la vitesse réduite de 20 km/h sur les grands axes routiers. Des mesures d’urgence ont également été décidées à Lyon. À Paris, le dispositif de circulation alternée a été peu respecté – les amendes sont peu dissuasives et il y a eu peu de contrôles -, à cela se sont ajoutées des pannes dans les transports en commun rendus exceptionnellement gratuits pendant quelques jours.

Au regard des enjeux sanitaires (une action contre l’Etat est engagée par des victimes), la France doit impérativement conduire des politiques de long terme : développement des transports en commun, rénovation du réseau ferroviaire, arrêt de l’étalement urbain car celui-ci a disjoint lieux d’habitat et lieu de travail.

Des mesures existent dans notre arsenal législatif, mais elles ne sont pas appliquées: elles concernent les installations industrielles, la circulation des poids lourds et des véhicules les plus polluants ou le trafic aérien. Car si le trafic routier est pour partie responsable de cette pollution, il ne faut pas oublier que le chauffage au bois, les activités industrielles et agricoles prennent aussi toute leur part.

Les maires auront la possibilité dès janvier 2017, de créer des zones de circulation restreinte (ZCR) dans laquelle le trafic sera réglementé en fonction du caractère plus ou moins polluant des véhicules (vignette Crit’Air).

Ailleurs, des villes comme Milan, Londres, Oslo, Dublin ou Stockholm ont instauré depuis longtemps des péages urbains pour décongestionner leur centre-ville et lutter contre la pollution. Mais, on le voit bien, la question de la pollution de l’air interroge notre modèle de développement urbain, industriel, économique et notre mode de vie. Nos réponses doivent être plus contraignantes.

Cordialement, Martine