Cette règle s’applique même dans les cas d’inceste ou de viol. Son application aura des conséquences partout dans le monde pour les programmes et les politiques en lien avec la Santé et les Doits Sexuels et Reproductifs mais également, le VIH/Sida, le Paludisme, le virus Zika, et plus généralement la santé mondiale. Ce sont donc des millions de femmes et de jeunes filles vivant dans les pays en développement qui vont, les premières, faire les frais de cette mesure.

 À ce jour, nous sommes plus de 300 parlementaires européens à avoir soutenu et signé la «Déclaration de Haut Niveau contre la Règle du Bâillon Mondial».

 En Europe, des initiatives sont prises en réaction à la Règle du Bâillon Mondial : la Belgique organise une Conférence Internationale sur la planification familiale et les droits des femmes à Bruxelles en mars 2017. Les Pays-Bas lancent l’initiative d’un fonds de financement international. Au Portugal, le Parlement a adopté à l’unanimité une résolution condamnant la Règle du Bâillon Mondial. Je vous tiendrai informés de l’initiative prise par la France, en lien avec la Délégation de l’Assemblée nationale aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes.

 Et ce n’est pas mieux en Russie avec la dépénalisation des violences conjugales…

 La semaine dernière, Vladimir Poutine a promulgué une loi sur la dépénalisation des violences conjugales, permutant la peine des deux ans de prison jusque-là encourue, en simple amende. Cette loi qui a été adoptée à la quasi-unanimité (385 voix pour et 2 voix contre !) par les députés russes a été présentée par ses défenseurs comme étant destinée à corriger une “anomalie” dans la loi russe : les auteurs de violences domestiques (incluant les violences conjugales et les violences à l’égard des enfants) étaient jusqu’à présent poursuivis au pénal tandis que les violences commises en dehors du cercle familial relevaient, elles, du droit civil. En Russie, les violences familiales ont causé la mort d’au moins 7 500 femmes en 2015, et plus de 49 500 affaires de violences domestiques ont été recensées. Désormais, les violences commises au sein du cercle familial vaudront, au pire, une amende à celui qui les commet.