Les négociations encadrant le retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne seront conduites par la Commission sur la base du mandat qui sera donné par le prochain Conseil européen et devrait durer deux ans. À l’issue de cette période, un nouvel accord commercial entre le Royaume-Uni et l’Union européenne pourra être négocié, à minima, sur les échanges commerciaux et les barrières douanières. La France défendra un principe, celui du caractère indivisible des quatre libertés qui concernent la circulation des biens, des capitaux, des services et des personnes dans l’Union européenne.

 Le Brexit est douloureux sentimentalement pour les Européens, le sera-t-il économiquement ? L’avenir nous le dira. Il le sera certainement pour les Britanniques car sortir de l’Union européenne a un coût, en termes de travail, de libre-circulation et en termes financiers car le Royaume-Uni devra payer à l’Europe, le reste à charge de tous les projets sur lesquels il s’est engagé.

 Hasard du calendrier, quelques jours plus tôt, l’Europe communautaire fêtait sont 60ème anniversaire, institutionnalisé par le Traité de Rome, le 25 mars 1957. Un bien triste anniversaire qui aurait été l’occasion de célébrer la démocratie et la paix entre les peuples, apportées par l’Europe pendant toutes ces années.

Les chefs d’Etat et de gouvernement – hormis Theresa May – ont souhaité marquer leur attachement à la construction européenne le week-end dernier au Capitole à Rome mais le cœur n’y était vraiment pas: pas de souffle politique, pas d’évènement festif populaire, même si quelques dizaines de milliers d’Européens ont gagné les rues de Londres, Berlin ou Rome pour marquer leur attachement à l’Union des 28 et pour « un réveil de l’Europe ».

 Il y a 60 ans, l’Allemagne, la France, l’Italie et les pays du Benelux (Belgique, Pays-Bas, Luxembourg) s’engageaient à établir les fondements d’une Union sans cesse plus étroite entre les peuples européens. Pensée à six pour reconstruire l’Europe après la Seconde Guerre mondiale, l’Union à 27 traverse la pire crise de son histoire au moment de fêter ses noces de diamant.

Dans leur déclaration, les 27 ont réaffirmé que leur Union est une et indivisible, en réponse explicite au Brexit mais pourtant les divisions sont bien là, alimentées par la défiance populaire et le repli identitaire avec, en filigrane, des élections à hauts risques en France puis en Allemagne ; le Brexit donc, qui a fait suite à la crise grecque ; mais aussi l’incapacité à gérer collectivement les vagues migratoires et le marasme économique.

 Soixante ans plus tard, force est de constater que l’écart s’est creusé petit à petit entre idéal et réalité de la construction européenne. L’Europe est à la croisée des chemins et la seule issue pour relancer le projet européen est politique. Pour reprendre les mots de Benoît Hamon, « ce qu’on appelle depuis de longues années « la crise », est un changement de monde ». Je pense que cette analyse s’applique exactement à l’Europe.

 Cordialement, Martine