Ces réformes ne porteront leurs fruits que si l’Europe crée le contexte de leurs réussites. Les réformes structurelles et la réduction du déficit public ne suffiront pas si l’environnement européen est déprimé. Il faut donc un soutien à la demande, et ce au niveau européen.

Pour relancer la croissance et l’emploi, la France propose une réponse en trois axes :

 Une politique monétaire qui soit plus favorable à la croissance

 L’inflation étant beaucoup trop faible en Europe, il faut une politique monétaire adaptée. La Banque centrale européenne a abaissé le 4 septembre 2014 son principal taux directeur à 0,05 %. Un euro plus faible permettra de relancer la compétitivité des entreprises européennes; les pays qui connaissent la plus forte reprise, à l’image des États-Unis, ont une politique monétaire qui soutient leurs entreprises.

 Pour autant, tout dépendra désormais de la capacité des banques à se saisir de ces liquidités mises à disposition par la BCE pour les réinjecter dans l’économie française. En effet, alors que les taux d’intérêt sont au plus bas, l’investissement tarde à repartir. Pour le relancer, le président de la République a organisé les Assises de l’investissement le 15 septembre 2014 à Paris afin de mobiliser les acteurs économiques du pays.

 Relancer l’investissement au niveau européen

 L’Europe doit faire plus pour la relance et l’investissement. Dès octobre 2013, le président de la République a défendu cette idée au niveau européen en proposant de doter l’Union européenne de nouvelles capacités financières. Le nouveau président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a repris cette idée et annoncé un plan de 300 milliards d’euros sur 3 ans avec des investissements publics et privés tournés vers les priorités essentielles : les infrastructures, la recherche, l’innovation, la formation, l’environnement.

 Ce plan sera détaillé lors d’un sommet de la zone euro, organisé à la demande de François Hollande, qui permettra d’élaborer une stratégie et de demander à la Commission européenne de présenter ses propositions. Ce sommet fera suite à un sommet pour l’emploi et la croissance qui se tiendra début octobre sous la présidence de Matteo Renzi, l’Italie assurant la présidence du Conseil de l’Union européenne jusqu’à la fin de l’année.

 Une politique budgétaire plus flexible pour ne pas étouffer la demande

 Stagnation de la croissance, inflation trop faible : il est désormais nécessaire de prendre en compte ces circonstances particulières dans la conduite de la politique budgétaire de chacun des pays. Le rythme de réduction des déficits doit donc être compatible avec les objectifs de croissance et la situation de faible inflation. Lors du Conseil européen de juin 2014, le président de la République avait obtenu des “flexibilités”. Lors du Conseil de septembre, il a rappelé cette nécessité d’assouplir les exigences de la politique budgétaire européenne.