Durant sa campagne électorale, il avait suggéré de « punir » les femmes qui ont recours à l’avortement. Aussitôt aux commandes, Donald Trump a signé lundi, un décret interdisant le financement d’ONG internationales qui soutiennent l’avortement, au lendemain du 44ème anniversaire de «Roe V. Wade», l’arrêt emblématique de la Cour suprême qui a légalisé l’avortement en 1973 aux États-Unis. Les organisations non gouvernementales devront donc faire le choix entre renoncer aux financements américains ou renoncer à proposer un service de planning familial aux femmes des pays en développement.

 Dimanche, plusieurs milliers de personnes ont manifesté à l’appel du collectif « En marche pour la vie » afin de protester contre la « banalisation” de l’IVG ». Le rassemblement était soutenu par Sens commun, une émanation du parti Les Républicains.

 Ce jeudi, l’Assemblée a examiné en nouvelle lecture la proposition de loi relative à l’extension du délit d’entrave à l’interruption volontaire de grossesse, dont le précédent examen avait donné lieu à des échanges tendus en commission et en séance.

 Le contexte européen et international, en crise politique majeure, fait donc craindre un recul en matière de droits sexuels et reproductifs des femmes, et notamment de l’accès à l’Interruption Volontaire de Grossesse, que les progressistes ont mis des décennies à faire adopter.

 Dans cette perspective, certains groupes aux États-Unis et ailleurs se sont organisés pour contrer ce qui sera certainement une lutte acharnée contre les droits des femmes lancée depuis les États-Unis.

 Samedi dernier, la Women’s March a mobilisé près de 2 millions de femmes aux États-Unis et plus de 600 marches avaient été annoncées dans le monde, 100 000 personnes ont défilé à Londres, 7000 à Paris.

 Les Pays Bas proposent de créer un fonds international pour financer des services de planning familial à travers le monde.

 Une initiative émanant du Forum Parlementaire Européen sur la Population et le Développement recueille les signatures des femmes et hommes politiques de toutes les régions du monde. De nombreux parlementaires européens la signent aux côtés d’homologues des continents africain, asiatique et américain.

 N’attendons pas que le pire arrive pour dire ça suffit ! Je suis également signataire d’une tribune de ma collègue Monique Orphé, Vice-Présidente de la Délégation aux Droits des Femmes à l’Assemblée nationale, que vous pouvez lire ici.