Pour mener ce travail impartial, 2500 personnes de tous horizons (stratèges, chercheurs, économistes, spécialistes du renseignement et de la prospective) ont été auditionnées.

 En terme de diagnostic, rien de nouveau sous le soleil : le monde ne retrouvera pas une croissance forte d’ici à 2035, nos modèles de développement seront remis en question dans un contexte de vieillissement de la population au Nord et d’accroissement d’une population jeune dans les pays pauvres.

Une météo extrême, le réchauffement climatique, le manque d’eau d’ici 2035 – la moitié de la population mondiale fera face à des pénuries d’eau potable – et l’infertilité des sols vont perturber les sociétés.

 Pourquoi le « Paradoxe du progrès » ? : La connectivité mondiale et la rapidité de l’information ne font qu’augmenter les tensions au sein des sociétés selon le rapport. Le développement de l’automatisation et de l’intelligence artificielle qui fait craindre une baisse du travail combinée au manque de réformes structurelles, engendrent dans tous les pays une montée des populismes.

 Le rapport remet en cause très sérieusement le devenir de la démocratie à l’échelle mondiale et même avant 2035 : Il évoque « la fin de la démocratie, une démocratie qui ne va plus de soi, une démocratie remise en cause, ou une démocratie fragile dont le cours semble s’être inversé ».

 Les exemples récents ne manquent pas pour illustrer la défiance des peuples envers leurs dirigeants. Et nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Les Pays-Bas tout d’abord votent à la mi-mars à l’occasion d’élections législatives. Ce sera ensuite le tour de la France puis de l’Allemagne à l’automne et sans doute de l’Italie.

Au Pays-Bas, le Parti de la Liberté, islamophobe, anti-immigration et eurosceptique, caracole en tête des sondages avec 25 % d’intentions de vote et surfe sur les vagues anti-migrants et islamophobe et le repli sur soi qui montent, comme dans beaucoup d’autres pays.

 Face aux partis traditionnels qui semblent dépassés, Geert Wilders, clone de Donald Trump, se frotte les mains. Toutefois, de grandes entreprises néerlandaises montent au créneau et tentent de mobiliser citoyens et entreprises pour contrer l’extrême droite en créant un nouveau modèle, au-dessus des partis, pour la décennie qui vient.

 C’est d’ailleurs l’un des scénarios envisagés par le NIC : des gouvernances « classiques » écartées au profit de mouvements en réseaux, impulsés par les citoyens, des ONG ou par des entreprises prônant les libertés individuelles et un modèle libéral… pour les pays les plus chanceux !

 Le rapport souligne néanmoins deux avancées : un meilleur accès à l’éducation d’ici 2035 et une amélioration des droits des femmes dans quasiment tous les pays … toutefois accompagnés de réactions violentes.

 Cordialement, Martine