Etat des Lieux

Responsables de 20 000 décès chaque année, de 4,5 millions de blessés, les accidents de la vie courante représentent 10% des dépenses de santé. Parmi eux, on dénombre 12 000 victimes d’accidents domestiques. Ces chiffres sont terrifiants, et ils ne baissent pas. Pourtant, de nombreux acteurs se mobilisent pour faire évoluer les choses et des solutions existent pour contrer ce phénomène.

Les accidents domestiques provoquent quatre fois plus de décès que les accidents de la route. Ils constituent même la première cause de mortalité chez les moins de 15 ans et les plus de 65 ans. Paradoxalement, ils sont beaucoup moins visibles. L’explication tient essentiellement au fait que, par nature, ils interviennent dans la sphère privée. Ils provoquent un sentiment de culpabilité chez les victimes. Pourtant, même s’il ne faut pas nier qu’il existe une part de responsabilité individuelle, d’autres causes sont à l’origine de ces drames.

Un problème difficile à cerner

Leur caractère protéiforme (chutes, intoxications, défenestrations, noyades,…) en fait un problème difficile à cerner. Il est nécessaire de disposer de statistiques fiables afin d’établir une cartographie aussi exhaustive que possible de l’accidentologie. Les auditions ont mis en évidence un manque de coordination dans le domaine du recueil des informations.

Disposer de données fiables et incontestables constituerait une base pour mieux cibler les accidents pour lesquels il faut mener des actions prioritaires et permettrait de mesurer la pertinence et les résultats de ces actions. Même si les accidents domestiques ont un côté invisible, les acteurs mobilisés sont très nombreux :

Le tissu associatif est très actif. 52 associations et fédérations nationales composent le Collectif inter associatif de Lutte contre les Accidents de la vie Courante (CLAC) qui a œuvré pour que cette cause obtienne le label Grande Cause nationale en 2013. Nous avons reçu bon nombre d’entre elles.

 

Visite de votre députée à la classe de CM2 de l'école du Laoü à Lescar

Sensibilisation du jeune public

Le premier domaine dans lequel interviennent les associations et les fédérations est la prévention. Les initiatives sont très variées, les publics visés sont très diversifiés. Les personnes auditionnées ont insisté sur le rôle des actions menées auprès des enfants. Lorsqu’on se réfère aux statistiques sur les victimes d’accidents domestiques (rappelons que c’est la première cause de mortalité chez les moins de 16 ans), on comprend qu’il faut sensibiliser le jeune public.

Mais en plus, les enfants sont des prescripteurs en matière de prévention. Ce sont des relais extraordinaires qui véhiculent les messages qu’ils reçoivent. Les divers intervenants ont mis au point un nombre d’outils considérable pour appuyer leurs actions de prévention : plaquettes, jeux, animations sur Internet, bornes interactives.

Des campagnes de sensibilisation sont menées dans des domaines très diversifiés (sur la mise en place des DAAF- détecteurs avertisseurs autonomes de fumée -, sur les risques inhérents à la vieillesse, les dangers auxquels peuvent être confrontés les enfants en bas âge, les risques liés à la pratique sportive, …).

Le monde associatif au sens large est également engagé dans des actions d’éducation et de formation. On connaît bien les formations liées à la prévention routière ou aux premiers secours. On sait moins que les fédérations forment les personnels intervenant à domicile auprès des familles ou des personnes âgées, dans le but de sensibiliser et/ou intervenir au sein des foyers.

 Le rôle des pouvoirs publics

Bien entendu, le nombre de victimes et les coûts engendrés par les accidents domestiques ne laissent pas les pouvoirs publics indifférents. Plusieurs ministères sont concernés : Santé, Intérieur, Education, Economie, Sports, Consommation, Logement…

2 décembre 2014

2 décembre 2014

Plusieurs ministères peuvent piloter la lutte contre les accidents domestiques (le Ministère du logement peut s’occuper des détecteurs par exemple), mais les initiatives sont éparses. L’un des intervenants a eu cette phrase : « le problème n’est pas qu’on manque de pilote, mais c’est qu’il y a trop de pilotes ». Ce constat est général et ressort de toutes les auditions.

À l’instar de ce qui s’est fait dans les années 70 pour les accidents de la route, avec le succès que l’on sait, un pilotage interministériel semble la manière la mieux appropriée pour se saisir du problème des accidents domestiques.

Je prévois d’amender la future Loi Santé, véritable opportunité pour qu’ils trouvent leur place dans une politique de santé publique.

A noter : Une loi votée en 2010 rend obligatoire l’installation d’un détecteur de fumée dans tous les logements au 8 mars 2015. A la charge exclusive du propriétaire, cet appareil coûte environ 20€.