Les électeurs se mobiliseront-ils davantage dimanche prochain, comme ce fut le cas lors des précédentes primaires, et quel candidat cela favorisera-t-il ?

La prudence, sur les intentions de vote, est requise même si nous avons tous noté la dynamique engendrée par Benoit Hamon.

 Une partie notable des électeurs a exprimé un souhait dimanche dernier: une envie, un besoin de renouveler les idées et les personnes. Plusieurs raisons à cela : nous vivons une période de perte de repères idéologiques (déchéance de la nationalité, loi Travail et tentatives de motion de censure, renoncement de François Hollande…). Cette perte de repères est accentuée par un contexte difficile : les candidatures d’Emmanuel Macron et de Jean-Luc Mélenchon d’une part et mauvais sondages pour le candidat socialiste à l’élection présidentielle, quel qu’il soit, d’autre part.

 Autre raison : Benoît Hamon est celui qui a le mieux préparé sa candidature (annoncée à la mi-août 2016) et son programme, centré sur les mutations en cours : le numérique, le climat.

 Le débat de mercredi soir a montré deux candidats d’un très bon niveau, une confrontation d’idées empreinte de respect (ce que les polémiques des jours précédents ne laissaient pas augurer). Le débat s’est noué sur la mutation majeure que nous vivons : celle provoquée par le numérique. Benoît Hamon touche juste en centrant son diagnostic sur cette révolution. Cependant, il choisit une hypothèse : cette révolution serait plus destructrice que créatrice d’emplois, ce qui conduirait, selon lui, à une raréfaction de l’emploi, d’où sa proposition de revenu universel.

 La Finlande le teste en faveur de 2000 personnes, une mesure similaire est envisagée au Pays Bas et la question intéresse même la Sillicon Valley ! Car, il y a des approches très différentes du revenu universel : de gauche et de droite !

 Tous les économistes s’accordent sur le fait que la révolution numérique va impacter tous les secteurs d’activité et transformer profondément le contenu des emplois. Leur divergence porte sur l’ampleur des destructions d’emploi et de leur impact sur la croissance.

 Je laisse de côté les critiques concernant la faisabilité et le coût du revenu universel car des expérimentations peuvent répondre à ces interrogations.

 Face à cette mutation, la réponse la plus urgente est pour moi celle de la formation, d’abord des filles et des femmes qui passent à côté du numérique comme nous pouvons le constater dans la Grande école du numérique ou dans la création d’activités numériques. Le premier enjeu est celui de la formation initiale et surtout, tout au long de la vie. En France, pays à la traîne, où seuls 36% des salariés et essentiellement les plus qualifiés, y ont accès.

 Accompagner ces transitions, numérique, écologique, bien sûr, est la première tâche des années qui viennent. Dommage que le Parti Socialiste n’ait pas pris, jusqu’ici, cette question à bras le corps !

 Cordialement, Martine