Il va leur falloir s’accorder sur un mode d’emploi quant à la mise en application de l’Accord de Paris, adopté en décembre 2015 et entré en vigueur le 4 novembre 2016. C’est une dynamique à laquelle je vais participer : j’ai en effet été invitée par l’équipe du Parlement du Climat, réseau mondial qui promeut des politiques publiques en faveur du climat, à participer à une conférence qui se tiendra du 14 au 16 novembre prochain à Marrakech.

Cette conférence portera sur le développement d’un projet susceptible d’accélérer la transition énergétique à l’échelle mondiale : le Green Grid Network. Je vous en reparlerai la semaine prochaine.

 L’ombre de Donal Trump, climato-sceptique notoire, plane sur la COP 22 : il a en effet promis de revenir sur l’Accord de Paris, ce qui paraît difficile car son cadre légal proscrit toute sortie de l’accord avant 4 ans. Mais la dynamique enclenchée autour de l’Accord de Paris est désormais menacée, d’autant que sur le plan intérieur, D.Trump s’est engagé à supprimer l’Agence de protection de l’environnement, de relancer l’exploitation du charbon, du gaz de schiste, de relancer le projet d’oléoduc Keystone XL et de revoir les avantages fiscaux attribués aux énergies renouvelables…

 Alors que tous les regards sont braqués sur les Etats-Unis, il va falloir maintenant discuter le plus sereinement possible de la mise en place de l’accord de Paris, qui vient donc d’entrer en vigueur après sa ratification, il y a moins d’un an. Pour mémoire, il avait fallu 7 ans pour que le protocole de Kyoto (pour une baisse de 5% des GES), lors de la COP3, entre en vigueur sans la participation du Canada, des États-Unis de la Russie ni de la Chine.

 Personne n’imaginait que l’accord de Paris connaîtrait un processus de ratification aussi rapide dès-lors, les négociations sur ses modalités d’application vont devoir s’engager immédiatement : comment les pays vont-ils réussir à tenir leurs engagements respectifs pour réduire leurs émissions de CO2 d’ici 2050 ? Il va falloir établir un code commun de transparence sur les informations que chaque pays fournira. A Marrakech, il sera également question de faire plus et plus vite, pour réduire les émissions de GES car les scientifiques poussent pour des objectifs nationaux plus ambitieux d’ici 2020.

 Autre objectif : l’aide aux pays en voie de développement : 100 milliards de dollars annuels devaient être alloués d’ici 2020 par les pays du Nord, selon l’OCDE 67 milliards seraient d’ores et déjà réunis par les différents acteurs (Etats, banques…). Les pays en voie de développement veulent savoir ce que cette somme recouvre et augmenter la part des financements pour s’adapter au changement climatique.

 Enfin, la COP22 se penchera sur les avancées des 70 coalitions lancées à l’occasion de la COP21 (pratiques agricoles, alliance solaire, innovation…). Les coalitions ont vocation à traduire sur le terrain les engagements de l’Accord de Paris, par des projets qui dépassent les frontières des États et font l’objet d’un engagement international. Elles prennent la forme d’une mutualisation des compétences, des financements et des savoirs faire.

 Une dynamique de coopération inédite a été engagée lors de la COP21, mais aujourd’hui nous sommes très inquiets du rôle central que les Etats-Unis, longtemps premier et aujourd’hui second pollueur mondial, vont tenir dans les prochains mois. L’Accord de Paris ne prévoit pas de sanction en cas de départ d’un pays mais au-delà d’une sortie formelle, D. Trump risque de ne pas appliquer les engagements pris par B. Obama.